Les robots tueurs de l’armée américaine

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Message  jean-marc le Ven 21 Sep 2007, 06:31

Les robots tueurs de l’armée américaine
Les robots militaires n’ont jamais faim, ne touchent ni salaire ni retraite et peuvent tirer mille coups à la minute. Mais que se passera-t-il si l’un d’eux détruit un bus scolaire plutôt que le tank qu’il aurait dû viser ?
L’armée américaine s’efforce de développer une nouvelle génération de soldats bien différents de ceux dont elle dispose aujourd’hui. “Ils n’ont jamais faim”, s’enthousiasme Gordon Johnson, du commandement interarmes du Pentagone. “Ils ne connaissent pas la peur, ils n’oublient pas les ordres, ils s’en foutent si le type d’à côté vient de se faire descendre. Est-ce qu’ils feront du meilleur boulot que les humains ? Oui.” Les robots de combat sont en marche.
D’ici dix ans, le Pentagone espère que les robots joueront un rôle opérationnel essentiel au sein de l’armée américaine, qui leur confiera la mission de traquer et de tuer l’ennemi au combat. Les robots sont au cœur des efforts entrepris par l’armée américaine pour s’adapter aux champs de bataille du XXIe siècle. Un projet baptisé Future Combat Systems, d’une valeur de 127 milliards de dollars, représente ainsi le plus gros contrat militaire jamais signé dans l’histoire des Etats-Unis.
Les responsables de la planification en sont sûrs : les soldats robots penseront, verront et réagiront de plus en plus comme des êtres humains. Au début, il s’agira d’engins télécommandés qui ressembleront à de redoutables camions jouets. Au fur et à mesure des développements technologiques, ils adopteront des formes plus variées. Et leur autonomie croîtra au rythme de leur intelligence.
Ils dénichent les bombes sur les routes d’Irak
Depuis trente ans déjà, le Pentagone rêve de robots de combat. Et, parmi les intervenants du secteur, on affirme qu’il faudra peut-être au moins trente ans avant que ce rêve ne se réalise véritablement. Et, bien avant cela, dit-on, les militaires devront répondre à quelques questions épineuses, s’ils tiennent vraiment à laisser à des robots le soin de faire la distinction entre ami et ennemi, combattant et civil innocent. Même des avocats du projet comme Robert Finkelstein, président de Robotic Technology, de Potomac, dans le Maryland, cherchent à faire comprendre au Pentagone qu’il faudra peut-être attendre jusqu’en 2035 avant de pouvoir développer un robot qui ressemblera à un soldat, et pensera et se battra comme lui. “L’objectif du Pentagone est clair, dit-il, mais on ne voit pas encore tout à fait comment y parvenir.”
Dans l’esprit de leurs concepteurs, les robots de combat ressembleraient à des humains ou à des oiseaux-mouches, à des tracteurs ou à des chars, à des cafards ou à des criquets, et se déplaceraient comme eux. Le Pentagone attend d’eux qu’ils transportent des munitions, qu’ils collectent des renseignements, qu’ils fouillent des bâtiments ou les fassent sauter. Autant de projets à l’étude, mais ces engins sont encore loin d’arpenter les champs de bataille, même si plusieurs centaines de robots sont déjà chargés de dénicher les bombes artisanales sur les bas-côtés des routes irakiennes. Ils fouinent dans les grottes en Afghanistan et servent de sentinelles armées dans les dépôts d’armes américains. Au mois d’avril, une version armée des robots démineurs sera déployée à Bagdad. Capable de tirer 1 000 coups à la minute, le robot, contrôlé par un soldat équipé d’un ordinateur portable, sera la première machine pensante de ce type à se trouver en première ligne, prête à tuer des ennemis.
Mais, alors que les premiers robots de combat sont envoyés en Irak, le rôle de la machine en tant qu’engin de mort reste à l’écart du débat public. “Les juristes m’assurent que rien n’interdit que des robots prennent des décisions dont dépend la vie ou la mort”, constate Johnson, qui dirige les programmes de robotique au centre de recherches interarmes de Suffolk, en Virginie. “On m’a demandé ce qui se passerait si un robot détruisait un bus scolaire plutôt qu’un char garé à côté. Nous ne laisserons jamais une telle décision au soin d’un robot avant d’être certains qu’il soit en mesure de la prendre.” Mais confier des prises de décision potentiellement meurtrières à des machines nécessite une grande foi dans la technologie, alors que la technologie, pour beaucoup, est surtout source de méfiance.
Les responsables du Pentagone et les contractants militaires affirment que l’idéal absolu d’une guerre sans hommes est un combat sans pertes. En attendant, ils ont pour but de confier autant de missions sales, difficiles, ennuyeuses ou dangereuses que possible aux robots, afin de préserver les esprits et les corps des Américains envoyés au combat. “Aucun décideur ne tient à exposer des vies américaines”, commente Rodney Brooks, directeur du laboratoire d’informatique et d’intelligence artificielle du MIT, également cofondateur d’iRobot Corp. “C’est comme de se demander s’il faut équiper les soldats de gilets pare-balles. C’est une question de morale. Le coût financier vient après.”
En fait, l’argent pourrait bien compter davantage que la morale. Aujourd’hui, le Pentagone doit à ses soldats 653 milliards de dollars (c’est le montant prévisionnel de leurs retraites), qu’il n’est pas en mesure de payer. Contrairement aux vieux soldats, les robots, eux, disparaissent. De la signature du contrat d’engagement jusqu’à sa mise en terre, un soldat coûte actuellement environ 4 millions de dollars, et ces frais ne cessent d’augmenter, selon une étude du Pentagone. Les robots de combat devraient coûter dix fois moins.
Quoi qu’il en soit, Bart Everett, directeur technique de la robotique au Centre des systèmes de guerre navale et spatiale de San Diego, a pour ambition personnelle de créer “un robot de type androïde capable d’accompagner un soldat et de se charger de beaucoup de tâches qui incombent aujourd’hui aux hommes”. Un prototype, d’une hauteur de 1,20 m, doté d’un œil unique et d’une arme en guise de bras, était récemment visible dans un atelier du centre. Il présente son arme, vise et tire sur une boîte de soda, prouvant qu’il est capable de traquer et de tuer. Ce chasseur-tueur représente l’une des cinq catégories en développement au centre de San Diego. Un autre est capable d’explorer bâtiments, tunnels et cavités. Un troisième transporte des tonnes d’armement et d’équipement, accomplit des fouilles et des missions de reconnaissance. Un quatrième est un drone, un avion sans pilote ; en avril 2004, l’un d’eux est entré dans l’histoire militaire en frappant une cible au sol avec une petite bombe intelligente lors d’un test à une altitude de 11 500 mètres et à une vitesse de 711 km/h. Un cinquième, à l’origine conçu pour servir de garde de sécurité, sera bientôt à même de lancer des drones pour des missions de surveillance, de guerre psychologique et autres.
Des essais encore peu concluants
Pour chacune de ces cinq familles de machines, la perception est la caractéristique clé. “Dans le domaine de la perception robotisée, nous avons accompli des progrès fantastiques”, se réjouit Charles Shoemaker, directeur du programme de robotique du laboratoire de recherche de l’armée de terre, à Aberdeen, dans le Maryland. Grâce à ces progrès, l’armée pourra peut-être bientôt remplacer les pilotes de nombre de ses véhicules militaires par des robots. “Tout le monde ou presque réclame l’automatisation de cette fonction”, soutient Shoemaker. Dans une dizaine d’années, poursuit-il, des convois de robots en mission de reconnaissance pourront se frayer un chemin dans des sous-bois denses ou des zones très urbanisées.
Pourtant, en mars 2004, les résultats d’un essai de robots sur route en ont refroidi plus d’un : quinze prototypes se sont élancés pour une course de près de 230 kilomètres à travers le désert Mohave. Organisée par le Pentagone, la compétition offrait 1 million de dollars au gagnant. Le but était de voir si les véhicules étaient capables de se déplacer en terrain accidenté. Quatre heures plus tard, tous, sans exception, étaient tombés en panne ou s’étaient fracassés dans le décor [le meilleur avait parcouru 12 kilomètres…]. On est donc en droit de se demander si les délais fixés par les militaires pour leur Future Combat System, actuellement au premier stade de développement, sont vraiment réalistes.
Tim Weiner
(The New York Times / CI - Disclaimer) ajoutée le 2005-03-10

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