GUÉRISONS INEXPLIQUÉES

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Message  Projectarea54 le Mer 16 Sep 2009, 00:30

Bernard Bonnamour © 2006

Êtes-vous capable de ne pas dire du mal d’un absent pendant… une heure, une semaine, un mois ? C’est l’une des choses que Nizier Philippe, dit Maître Philippe de Lyon, demandait à ceux qui venaient chaque jour chez lui, entre 1882 et 1904, obtenir une guérison que la médecine ne pouvait plus
leur promettre. Ils ont ainsi été des milliers à repartir sauvés et pour certains, à déposer leur témoignage devant notaire ou au bureau de police pour protéger celui que la médecine désavouée ne cessait de harceler.
Portrait d’un homme de foi hors du commun – prophète, saint, éveillé ? – dont la vie et les enseignements touchent en plein coeur.

Qui se souvient des évènements extraordinaires qui se sont déroulés de la fin du XIX à l’aube du XX le siècle, à Lyon, au 35 rue de la Tête d’or ? Personne, ou presque… Et pourtant quel bruit à l’époque, quel tapage, quelle admiration et quel scandale autour d’un homme, d’un seul, dont la vie et les évènements sont tout simplement incroyables !
Après sa mort en 1905, le nom de Nizier Anthelme Philippe, appelé Maître Philippe
de Lyon par ses amis, n’a plus été prononcé sauf dans quelques cercles intimes.
Aujourd’hui, un siècle après sa disparition, son nom est à nouveau chuchoté. Des
livres paraissent, des conférences se tiennent, et maintenant, un film est réalisé.

Des dons précoces
Tout commence le 29 avril 1849, à Loisieux, petit village de Savoie. Nizier Anthelme est le premier-né d’un couple de paysans pauvres, Marie et Joseph Philippe.
Dès son enfance, il manifeste des dons particuliers qui étonnent son entourage.
À l’école, par exemple, lorsqu’un de ses petits camarades a un mal de tête, il demande à aller s’asseoir à côté du jeune Philippe et la douleur disparaît rapidement.
Un jour, alors qu’il garde des moutons, pour pouvoir aller jouer tranquillement,
il prend un bâton et trace autour du troupeau un cercle invisible duquel
les animaux ne peuvent s’échapper.
À l’âge de 14 ans, il vient vivre à Lyon, chez son oncle boucher dans le quartier de la Croix-Rousse. Tout en travaillant au magasin, il passe un diplôme de grammaire chez les pères Maristes (Ordre religieux catholique). Très tôt, il commence à recevoir des malades, essentiellement des gens du peuple, très pauvres en ces années difficiles de la fin du XIX siècle. Il s’agit souvent de cas désespérés pour lesquels la médecine officielle ne peut plus rien.

MAÎTRE PHILIPPE DE LYON

Des guérisons spontanées

En 1870, alors âgé de 21 ans, « Monsieur Philippe » se rend au chevet d’un enfant de sept ans, Jean Chapas, dont deux médecins viennent de constater la mort. Jean-Baptiste Ravier
2, l’ébéniste qui a confectionné le petit cercueil, est témoin de la scène : au pied du jeune Chapas, et devant toute l’assistance, Monsieur Philippe dit : « Jean, je te rends ton âme ! ». Immédiatement, l’enfant reprend ses couleurs et lui sourit.
Jean Chapas deviendra par la suite « le disciple préféré » de Monsieur Philippe qui l’appellera « le Caporal ». Jean Chapas héritera des dons de son Maître et continuera son oeuvre jusqu’en 1926 environ, avec autant d’éclat
3. Monsieur Philippe veut officialiser son activité. En 1874, il s’inscrit aux cours de médecine de l’Hôtel-Dieu, à Lyon où avait exercé Rabelais quelques siècles plus tôt.
Au sein de l’hôpital, voyant des malades souffrir, il ne peut s’empêcher de guérir
les plus désespérés en leur faisant promettre de ne rien dire. Mais rapidement, ses professeurs s’aperçoivent que ces guérisons inexpliquées ont toujours un dénominateur commun: la présence de l’étudiant Philippe.
Il est renvoyé pour « médecine occulte
».
Il doit donc renoncer à avoir un statut officiel et légal. Vers la fin des années 60, des patients déposeront devant notaire des attestations de guérison pour l’aider lors des procès que des médecins lui intenteront pour exercice illégal de la medecine.

Cent à cent cinquante personnes par jour

Peu de temps après, en 1877, Monsieur Philippe épouse Jeanne Julie Landar, issue d’une très riche famille de la région. À l’abri du besoin matériel, il peut désormais consacrer le reste de sa vie à soigner et à soulager bénévolement les malades.
Au début des années 1880, Monsieur Philippe loue un hôtel particulier au 35 rue Tête d’Or, à Lyon. C’est dans ce lieu qui deviendra mythique qu’il exerce son art jusqu’à sa mort en 1905, soit vingt-deux ans de séances quotidiennes ! Cent, cent cinquante
personnes, voir plus, par jour viennent assister aux séances
. Des témoins notent les évènements et les paroles de Monsieur Philippe. Beaucoup de guérisons sont rapportées.
Ces attestations nous apprennent qu’il soigne gratuitement et qu’il ne touche pas ses malades
. Il peut également soigner à distance. Les guérisons sont instantanées.
Des médecins honnêtes constatent des guérisons.
Le docteur Gérard Encausse voit un membre atrophié reprendre son volume normal en quelques minutes, une méningite foudroyante soignée en quelques instants constituent son leitmotiv : « Je suis le plus petit de tous et, si vous voulez que Dieu vous accorde ce que vous lui demandez, ne soyez pas orgueilleux, ne vous
croyez pas quelque chose, ne soyez rien… »
Des témoins proches de Monsieur Philippe rapportent des événements qui dépassent l’entendement. Alfred Hael, un industriel de Strasbourg, témoigne qu’il était avec Monsieur Philippe en calèche lors d’une journée de grand vent. Monsieur Philippe craqua une allumette et alluma sa pipe comme s’il était dans une chambre fermée alors qu’Alfred Hael se tenait le chapeau sur la tête tellement le vent était violent.


Soigner sans toucher

L’aspect « guérisseur » de Monsieur Philippe ne représente qu’un des aspects du personnage. Il guérit, certes, et cela paraît indéniable au vu des multiples témoignages
et témoins ; mais il parle. En fait, Monsieur Philippe n’impose jamais les mains, il parle de Dieu et du Christ et les gens guérissent. Il ne soigne que par la prière et défend les valeurs chrétiennes et l’Évangile.
Il demande à ses patients un effort au quotidien comme abandonner un procès, ne pas dire du mal de son prochain en son absence, essayer d’aimer son prochain comme soi-même, etc. La prière, l’humilité
fred Hael, rapporte dans son livre: « J’ai assisté à la séance, 35 rue Tête d’Or, où le professeur Brouardel, de la Faculté de médecine de Paris, est venu se rendre compte de ce que faisait Monsieur Philippe. Il y avait dans la salle une malade haletante, marchant à grand-peine, fortement enflée du ventre et des jambes, qui attira l’attention du professeur. Monsieur Philippe pria ce dernier d’examiner la pauvre femme dans une pièce contiguë à la salle des séances, en présence de quelques élèves, dont moi-même, désignés par lui. En fin de séance, il nous rejoignit. “Eh bien ! dit-il au professeur, que pensez-vous de cette femme ?” Celui-ci expliqua que cette personne souffrait d’hydropisie généralisée et qu’elle n’avait probablement que quelques jours à vivre. Lorsque la femme revint dans la salle, soutenue par les élèves, elle avançait avec la plus extrême difficulté ; sa respiration courte et oppressée faisait mal à entendre. “Marche !” lui dit Monsieur Philippe. “Mais je ne peux pas !” – “Marche plus vite !” Et voici qu’au bout d’un instant, sa marche hésitante e fit plus aisée, et elle s’écria joyeusement : “Et maintenant, je vais danser !”, tout en retenant ses vêtements devenus subitement beaucoup trop amples. L’enflure du ventre avait disparu comme aussi celle des jambes ; la joie de vivre était revenue dans son corps que la Faculté avait condamné un instant auparavant. Et il n’y avait sur le plancher aucune trace d’eau. Le professeur Brouardel s’avança vers Monsieur Philippe et je l’entendis lui dire : “Je m’incline, mais la science ne peut comprendre ce qui vient de se passer”. Puis, saluant Monsieur Philippe et les témoins, il se retira. »
Extrait de Vie et Paroles du Maître Philippe d’Alfred Hael, ed. Dervy, p. 76.

« Je m’incline, mais la science ne peut comprendre ce qui vient de se passer »

Jean Chapas, sauvé par MP à l’âge de sept ans, deviendra son « disciple préféré ».

NEXUS n°48
janvier-février 2007




Des pouvoirs surnaturels

Le docteur Gérard Encausse témoigne qu’un jour qu’il était dans la cour du 35 de la rue Tête d’Or, le temps étant parfaitement clair, Monsieur Philippe commanda à la foudre de tomber à leurs pieds.
Marie Lalande dira plus tard : « Je n’ai pas encore oublié l’expression du Docteur Encausse lorsqu’il me raconta ce fait
. »
En rencontrant une personne pour la première fois, Monsieur Philippe peut lui rappeler des événements qu’elle a vécus en secret. Nous avons le cas d’un meurtrier que Monsieur Philippe démasque en lui rappelant point par point les événements du crime exécuté quelques années plus tôt
.
« Si je vous ai dit un jour qu’à telle date (XVII
siècle), j’ai vu ceci ou cela, cela ne veut pas dire que je vivais alors en un tel pays de la vie matérielle, mais
remarquez bien que d’ici je puis regarder la Suisse ou Paris. Je pourrais regarder Pékin et plus loin encore. À ce moment-là je pouvais donc regarder
cette scène sans y être pour cela. »
Alfred Hael
raconte : « Le soir à la veillée, Monsieur Philippe disait souvent des choses comme : “Ton beau-frère lit en ce moment tel journal ; l’empereur d’Allemagne vient de dire ceci, etc.” Et, devant notre étonnement, il disait : “Savez-vous pourquoi mon esprit peut s’étendre ainsi simultanément partout ? Simplement parce que je suis le chien du Berger et que j’ai le droit de me promener dans toutes les terres du propriétaire”. Paul Sédir, le brillant intellectuel mystique du début du XXe siècle a pu dire de Monsieur Philippe après l’avoir rencontré : “Cet homme, dépourvu de diplômes supérieurs, mettait en défaut les spécialistes de tous ordres. Je l’ai entendu, par exemple, rappeler à des gens de loi tels arrêts oubliés, éclaircir un texte à des paléographes, fournir un dispositif à des physiciens, indiquer à des botanistes le lieu d’une plante rarissime. Des métaphysiciens le consultaient, comme des médecins ou des industriels engagés dans une affaire hasardeuse. Des hommes d’État, des financiers prenaient parfois ses directives.
Lui-même composait des médicaments, inventait des appareils et des produits utiles, s’ingéniant sans cesse pour toutes sortes d’améliorations à la science appliquée.”

Et encore : “On lui demandait toutes sortes de choses autres que guérir ; le succès d’une démarche, la réussite d’une entreprise, la sauvegarde d’un soldat,
la solution de problèmes techniques, l’éclairement d’une crise de l’âme ; souvent, en retour, il exigeait que le demandeur indemnisât en partie la justice divine par une aumône,par une réconciliation, l’abandon d’un procès, l’adoption d’orphelins. Et le miracle, la chose improbable et impossible, avait lieu sans bruit, sans que l’on pût démêler comment. Tout ce que les témoins purent jamais savoir, c’est que notre haumaturge
condamnait les pratiques de l’ésotérisme comme contraires à la loi divine, ne les employait sous aucune forme et n’en recommandait pas les théories.
Sa doctrine était l’Evangile seul et il n’estimait les livres qu’en proportion de leur concordance avec cet enseignement. Il proclamait la divinité de Jésus,
sa souveraineté universelle et la perpétuité de Son oeuvre rédemptrice. Il acceptait à la lettre les récits des apôtres, tenant pour superflues les exégètes modernes. “Si l’on s’efforce, disait-il d’aimer son prochain comme soi-même, le Ciel nous dévoile le sens vrai des textes


Voici un bref aperçu d’un homme plus qu’exceptionnel dont la vie et les actes sont à la hauteur de son enseignement.
Juste cent ans après sa mort, Monsieur Philippe commence à être redécouvert. À une époque où règne la confusion avec les phénomènes « Da Vinci code » et autres, la vie proche de nous de Monsieur Philippe vient apporter un témoignage vivant et une
confirmation des événements d’il y a deux mille ans.
Ce qui semble le plus nous appeler aujourd’hui, c’est son oeuvre spirituelle.
Terminons par ce témoignage étonnant d’Alfred Hael
18 : « Bou Amama (célèbre soufi) était le devin du village arabe à l’Exposition universelle de 1900, à Paris. Papus lui avait parlé de Monsieur Philippe et il avait exprimé le désir de se rendre à Lyon pour le voir. Il avait, disait-il, beaucoup de choses à lui dire. Je fus chargé de recevoir et de piloter ce vieil Arabe puis de le reconduire à la séance =au jour que Monsieur Philippe avait fixé. Là, il resta un moment devant le Maître et je fus étonné de voir qu’il ne lui parlait pas. La séance terminée, nous descendîmes l’escalier, lui et moi, et nous allâmes nous asseoir sur un banc dans la cour où Monsieur Philippe devait nous rejoindre. Là nous eûmes pendant vingt minutes une conversation générale, puis Monsieur Philippe nous quitta. Et, comme j’exprimais à Bou Amama mon étonnement qu’il n’ait pas posé à Monsieur Philippe les nombreuses questions dont il désirait l’entretenir, il me répondit : « Je lui ai tout dit, et il m’a répondu ». Je lui demandai alors : « Que pensez-vous du Maître Philippe ? ». Il dit, levant l’index de la main droite : “Il est grand, il est très grand, il est le plus grand” »

Bernard Bonnamour



« Je suis le plus petit de tous et, si vous voulez que Dieu vous accorde ce que vous lui demandez, ne soyez pas orgueilleux, ne vous croyez pas quelque chose, ne soyez rien… >


Maître Philippe partageait son temps entre les séances de guérisons
dans son hôtel de la rue de la Tête d’or, les cours dans son école
de Magnétisme, ses voyages en Europe, ses amis, sa famille…
si bien qu’il ne dormait que 5 à 7 heures tous les quinze jours ! Il se livrait
à de nombreux travaux manuels et se passionnait pour les inventions.
Quand un appareil n’existait pas, il le construisait lui-même. C’est ainsi qu’il
construisit dans son laboratoire, avant tout le monde, un phonographe, un
gramophone, un téléphone*… Mais ce qui le passionnait le plus, c’était la
chimie. Il mit au point quelques remèdes dont « La Philippine », indiqué pour les cheveux ; le « Produit Salomon », fluide bleu pour les cheveux, fluide jaune pour la peau, qu’il donna à Golfin, un ami intime ; un médicament ontre la syphilis, l’« Héliosine » qu’il offrit au docteur Lalande, son gendre ; le « fois de Mars », tonique nerveux qu’il donna au docteur Encausse, et le « Guérit-Tout » qu’il remit à Chapas.

À propos des médicaments, Maître Philippe expliqua lors d’une séance :
« Rien n’est mort, tout est intelligent. C’est ce que ne savent pas les savants
et ce qui les déroute. Ainsi un inventeur découvre les propriétés d’un
médicament. Il l’administre pendant cinq ou six mois et les malades sur
lesquels il expérimente sont guéris ; puis au bout de ce temps la vertu du
remède s’éteint. Cela tient à ce que la nature aime la simplicité et déteste
l’orgueil. La vertu a disparu au fur et à mesure de l’apparition de la cupidité
du pharmacien ou du fabricant qui tirent sans permission du Ciel, pour leur
propre gloire ou leur propre satisfaction, un profit déraisonnable du remède.
Une chose très simple, de l’eau même, fera du bien au malade, si l’intention
est de faire du bien. Un remède donné de façon philanthropique produira
l’effet voulu sur une maladie, car il ne viendra alors aucun être pour lutter
contre le remède ou la guérison de la maladie.»


Extrait des Réponses de Maître Philippe, A. Jacquot et A. Philippe, ed.Mercure Dauphinois, pp.17, 18, 67.
*
Monsieur Philippe de Lyon, Philippe Colin, Le Mercure Dauphinois, p. 10.

«Sa constitution physique offrait quelques particularités xtraordinaires. Ainsi, il était presque impossible de l’entendre lorsqu’il parlait au téléphone ; la coupe des cheveux ou des ongles le faisait souffrir ; il avait deux malléoles au talon ; de sorte qu’un jour, s’étant donné une entorse en sautant un fossé, il resta deux ans éclopé, sans que personne ne puisse le soulager, et ne se guérit qu’en faisant une deuxième chute. En outre, ses os étaient durs comme du diamant ; ainsi, dans sa jeunesse, se trouvant dans la gêne, il fut employé quelque temps chez un boucher. […] Un jour de verglas, il descendait cette rue avec 80 kg de viande sur le dos lorsqu’il glissa ; la chute lui arracha les muscles du coude, mais l’os fit un trou dans le pavé. Une autre fois, rue Tête d’Or, un jeune homme qu’il avait soigné devint fou et se figura avoir MP pour ennemi. Il l’attendit un soir au coin de la rue Tête d’Or et de la rue Tronchet, et lui porta un coup de poignard ; la lame se brisa sur les côtes. Une autre fois, vers 1899, en réparant un moteur de sa voiturette, il se prit l’index dans le piston en mouvement ; le doigt fut écrasé, mais l’os arrêta le piston. »

Extrait des Réponses de Maître Philippe, Auguste Jacquot et Auguste Philippe,
ed. Mercure Dauphinois, page 18.
NEXUS n°48
janvier-février 2007


Jean-Yves Bilien © 2006
Jean-Yves Bilien, documentariste passionné par les guérisons spirituelles, a rencontré Bernard Bonnamour, le réalisateur du filmMaître Philippe de Lyon, le chien du Berger. Ses questions permettent d’éclairer d’autres
facettes du personnage.

Jean-Yves Bilien : Dans quel contexte Monsieur Philippe a-t-il oeuvré ?

Bernard Bonnamour :
Il est arrivé en pleine période du positivisme. Le matérialisme était à son apogée mais aussi la tendance inverse. Le matérialisme était très présent et en contre-partie le spiritisme et des occultismes de toutes sortes se développaient rapidement dans cette ville particulière de Lyon.

J.-Y.B. : A-t-il eu des frères et soeurs ?

B.B. :
Oui, après lui, ses parents ont eu quatre autres enfants. On connaît un peu Hugues Philippe qui était appelé Monsieur Auguste. On rapporte qu’il avait une profonde vénération pour son frère et que chaque fois qu’il parlait de lui ou que quelqu’un parlait de lui, il se découvrait

J.-Y.B. : Il y a une histoire avec le curé d’Ars ?

B.B. :
Je ne connais pas l’origine des sources, mais on rapporte que sa mère
Marie Philippe était allée voir enceinte le curé d’Ars qui lui aurait dit qu’elle
allait mettre au monde un être très élevé. Est-ce une légende ? Qui l’a rapportée ?
Je ne sais. Il y a une autre histoire avec le curé d’Ars rapportée par Alfred Hael dans son ouvrage
Vie et Paroles du Maître Philippe (page 78). C’est Monsieur Philippe qui la lui a racontée. Une femme va voir le Curé d’Ars avec son enfant atteint de paralysie double. Il lui dit qu’il ne peut qu’empêcher le mal d’augmenter, mais qu’elle rencontrera un jeune homme qui pourra le guérir. Quelque temps plus tard, elle alla chez Monsieur Philippe, à Lyon. Celui-ci dit à l’enfant de se lever et de marcher, ce qu’il fit aussitôt.

J.-Y.B. : Dans ces soins, dans ces guérisons, à quel niveau Monsieur Philippe agit-il ?

B.B. :
Ce que j’ai compris de ces guérisons, c’est que pour Monsieur Philippe, la maladie est reliée à des fautes contractées dans des existences antérieures.

J.-Y.B. : Vraiment ?

B.B. :
Oui, et que la position qu’il a spirituellement lui permet de demander le pardon des fautes des personnes. Il s’en porte garant auprès du divin. Il intercède à la faveur du patient et lui fait promettre des efforts au quotidien. La faute ainsi est pardonnée, l’âme s’en trouve soulagée donc le corps aussi.

J.-Y.B. : Mais de quelle obédience est-il ?

B.B. :
Il est chrétien même s’il s’est tenu en marge de l’Église romaine. D’ailleurs il disait aux gens d’adopter la religion de leur pays, puisque Dieu avait bien voulu les placer en cet endroit.
Mais il met aussi le Christ au-dessus de tout. Le Christ, pas la religion chrétienne. Il le répète inlassablement au cours de ses séances : « Croyez que le Christ est Dieu et qu’Il est ressuscité.

Ne suivez pas ceux qui disent le contraire. Je déclare hautement qu’Il est Dieu et qu’en vérité ce que désire le Père qui est Dieu est désiré par le Fils qui est Dieu, car ce que veut le Fils, le Père le veut aussi

J.-Y.B. : Quelle fut sa position face à l’Église ?

B.B. :
Il n’a pas beaucoup parlé de l’Église romaine. On sait qu’il reprochait au Dr Encausse son pseudonyme « Papus », qui faisait trop « Pape » ! Il n’a jamais pris position par rapport à l’Église. Et l’Église elle-même n’a pas vraiment d’opinion sur lui. Ce qui est certain, c’est qu’il y a un malentendu évident. Monsieur Philippe a toujours condamné le spiritisme, les pratiques magiques faisant appel à des rituels occultes. Il était contre l’astrologie, les prédictions de l’avenir (chiromancie, tarot etc.), disant que c’était « manquer de confiance en Dieu ». Pour lui, seules la Prière et la conformation aux préceptes des Évangiles étaient valables. Cela aurait dû séduire l’Église. Au lieu de cela, Monsieur Philippe avait la réputation injuste d’être un mage, un occultiste !
Et des spirites qui auraient dû le rejeter parce qu’il condamnait leurs pratiques comme étant dangereuses et allant à l’encontre des lois divines, se réfèrent souvent à sa personne
! Il y a comme un regrettable malentendu des deux côtés. C’est vrai que le principal différend avec les dogmes de l’Église romaine c’est sa croyance aux vies successives, qui selon lui expliquent tout et même certaines phrases des Évangiles : « Si l’on ne croit pas à la réincarnation, il est impossible d’expliquer ces deux paroles du Christ : “La septième génération ne passera pas sans que tu paies tes dettes jusqu’au dernier iota.

– Tu n’arracheras pas un cheveu de ton frère sans que cela te soit rendu. ” « Par la pluralité des existences, Dieu nous donne le temps de devenir meilleurs. » Sur l’Église,
il dit ceci : « Il a été dit : “ Hors de l’Église, point de salut”.
Cela est vrai. Mais l’Église est universelle ; l’Église, c’est la charité. Hors de la charité, pas de salut. » (17-2-1902) ; « Toutes les religions se fondront dans une seule : celle de la charité. » (13-1-1897) ; « Aucune religion ne sauve si on n’aime son prochain comme soi-même » (30-4-1903).


J.-Y.B. : Comment se passaient les séances de guérison ?

B.B. :
Nous avons de nombreux témoignages à partir des années 80 où Monsieur Philippe a loué son hôtel particulier au 35 de la rue Tête d’Or. Il pouvait recevoir
quatre-vingt personnes ensemble, au premier étage. Les gens étaient assis sur des bancs en bois et Monsieur Philippe accompagné de Jean Chapas, « le caporal » comme
il l’appelait, déambulaient entre les gens. Ils priaient tous ensemble. Monsieur Philippe allait vers chacun et demandait la raison de sa venue. Il disait un mot, demandait un effort au quotidien etc. Alfred Hael rapporte sa première visite à la rue Tête d’Or
: « (…) Allant de l’un à l’autre, il eut un mot pour chacun. Aux questions posées sur des souffrances, des difficultés, il répondit avec bienveillance et une autorité qui en imposait, car on comprenait qu’il lisait sans peine dans les esprits et les coeurs. Des malades tendaient les mains vers lui, il les encourageait et ils étaient soulagés ou guéris. Il dit à une personne : “Ton mari va mieux, remercie le Ciel”.
À une autre : “Ton enfant est guéri, il te faut payer. Ce n’est pas de l’argent que je demande, mais que tu ne dises pas de mal de ton prochain pendant une journée.”
Puis, désignant un estropié : “Voulez-vous prier pour cet infirme et me promettre de ne dire du mal de personne pendant deux heures ?” Tout le monde répondit oui.
Après un instant de recueillement, il ordonna au malheureux de faire le tour de la salle. Celui-ci se leva et, à la stupéfaction de tous, il marcha sans béquilles et sans aide. Des exclamations, des cris de joie exprimèrent l’émotion et la gratitude de l’assistance ; des larmes coulaient sur les visages. On me comprendra si, au soir de cette journée à jamais mémorable, je résolus de ne pas accompagner Papus dans son voyage de retour à Paris, et de demeurer à Lyon. » On ne peut être plus éloquent… On voit bien par cet exemple, la notion de « la monnaie du Ciel ». Encore une fois, il semble que pour Monsieur Philippe, la maladie est liée à des fautes du passé, elle est liée au karma, au destin, et donc pour guérir, il faut que cette faute soit pardonnée et souvent un autre prend la dette sur soi. Il est dit que le Christ est venu porter les péchés du monde. On pourrait dire autrement : depuis sa venue, le Christ porte la dette du monde. Alors qu’auparavant, il y avait la loi du talion (oeil pour oeil, dent pour dent), c’est-à-dire qu’à chaque acte, il y avait sa légitime conséquence. L’humanité a ainsi une dette si lourde qu’elle en est écrasée. La dette devient insolvable. Depuis 2 000 ans, le Christ prend sur Lui la dette du monde. Chaque fois que nous faisons du mal, chaque fois que nous déséquilibrons l’harmonie du cosmos par nos mauvaises actions, et bien c’est à
Lui maintenant que nous le faisons.
C’est Lui qui prend tout pour guérir le cosmos. Mais cela n’enlève rien au karma personnel. Le karma personnel est toujours là. Payer, faire des efforts selon Monsieur Philippe, c’est nettoyer son karma personnel. Lorsqu’un individu a tout payé et qu’il n’a plus de dette, il devient pur et il atteint la vraie Liberté. Il peut revenir sur la Terre juste pour aider à
porter le fardeau des autres afin de les aider à avancer.
Ainsi, Monsieur Philippe n’a pas guéri sa fille car sa mort sacrificielle avait une efficacité bénéfique pour la Terre. En fait le sacrifice était double, il y avait le sacrifice du côté de sa fille qui meurt à 25 ans et son sacrifice en tant que père. Il dira à ce moment : « Cette mort m’a crucifié vivant ». Il mourra d’ailleurs un an plus tard. Il faut vraiment garder à l’esprit que les êtres les plus élevés se mettent vraiment au service des moins avancés. Ils demandent que l’on fasse des efforts, mais ce sont quand même bien eux qui payent le plus pour nous. Pour Monsieur Philippe, le mal est une nécessité. L’être humain doit tout connaître. « Avant de descendre dans la matière, les âmes étaient dans le paradis et dans l’état d’innocence et par conséquent de non-connaissance. Elles jouaient comme des enfants ou comme des anges et goûtaient les fruits du paradis. Dieu leur fit goûter le bien et le mal en les envoyant dans le mal sous l’influence des démons, dans l’égoïsme, pour y croître dans l’épreuve et la douleur, le long des chemins imposés. Si l’Homme n’était pas tombé, il ne connaîtrait rien. Tombé, puis relevé, il est au-dessus des anges
. »

J.-Y.B.: Que dit-il sur la mort ?

B.B.:
Une chose m’a beaucoup frappé. Il dit que nous devons « travailler » de ce côté-ci pour après la mort. Plus on a fait des efforts pour s’améliorer, aimer son prochain, compenser ses défauts, etc., plus on est « conscient » de l’autre côté. Autrement dit la personne qui aurait profité de la vie sans faire un travail d’évolution personnelle, en essayant de faire le bien par exemple, serait comme « endormie » dans la vie après la mort. Cette notion de « conscience » pardelà le seuil me semble fondamentale. On pourrait dire que notre « conscience » dans le monde spirituel sera à la mesure de notre moralité ici-bas. Je peux ajouter que pour Monsieur Philippe, le fait de régler ses différends avec son prochain, là, ici bas, est vraiment important. Car « ce qui est lié sur la Terre, ne peutêtre délié dans le Ciel ». Il nous invite vraiment à faire la paix, à être en règle avec les autres. Ce qui implique évidemment le pardon, la réparation, etc.

J.-Y.B.: Quel a été votre point de vue comme
réalisateur en faisant ce film ?

B.B.:

Pour moi, ça a été très simple. L’aspect guérison, miracles de Monsieur Philippe ne m’a pas tellement intéressé, c’était pour moi assez anecdotique, finalement. Il fallait en parler parce que ça avait existé et que ça prouvait qu’il était un être exceptionnel.
Pour cela, c’était intéressant, mais ce qui m’a vraiment touché, c’est son « enseignement ». Parce que lorsqu’il guérissait, il parlait, et ses paroles étaient pleines de sagesse chrétienne. Et c’est cela qui m’a paru essentiel. C’est ce chemin vers le Christ. Il le dit à chaque phrase. C’est sur ce point de vue-là que j’ai axé mon travail.

« Le Christ est venu en même temps partout et il a fait dans les milliers de planètes la même chose qu’ici. »

« Je crois à la réincarnation et à la progression des âmes. Je puis vous
assurer que si l’homme savait ce qu’il est, il serait trop fier. »


« On est responsable même du temps que l’on fait perdre à ceux qui nous
écoutent. »

« Les bons écrits sont ceux qui apprennent la patience. »

« Ne pas oublier de prier avant de parler. »

« Nous ne pouvons être heureux tant qu’un de nos frères est malheureux. »

« Tout est illusion mais l’évangile ne le dit pas ; je ne dois donc pas le dire. »

« Je ne comprends pas que l’on ait peur : que le mal arrive à toi plutôt qu’à
ton voisin qu’importe. »

« Nous n’aurons plus d’ennuis quand nous saurons nous soumettre à
la volonté du Ciel. Pour se soumettre, il faut être rien du tout. Plus nous
avancerons dans le temps, plus nous connaîtrons que nous ne sommes rien. »

« Il ne faut pas vendre de porte-bonheur. Rien ne porte plus bonheur que de sacrifier son temps, sa vie, au bonheur de ses semblables. »

« On voudrait savoir comment arriver vite. Rien de plus simple. Que l’homme ne soit rien, qu’il sache bien qu’il n’est rien. Un cambrioleur vient chez vous, allez au-devant de lui et donnez-lui non seulement ce qu’il demande, mais plus.
À ceux qui agissent ainsi une seule vie suffit. »

« Il faut s’exercer à la patience. Il nous serait plus facile d’êtres patients si nous vivions seuls, mais le ciel ne le veut pas, et il nous fait vivre en société pour que nous sachions que nous ne sommes pas parfaits. »

« On n’a pas le droit de brutaliser une chaise. »

« On ne doit tuer aucune bête. »

Extraits des Réponses de Maître Philippe, Auguste Jacquot et Auguste Philippe, ed. Mercure Dauphinois.

« On n’a pas le droit de brutaliser une chaise »
et autres paroles de Maître Philippe

J.-Y.B. : Mais en même temps, s’il n’avait pas eu ces dons exceptionnels, il aurait un message chrétien comme on pourrait en entendre d’un autre…

B.B. :
Ce qui est intéressant avec Monsieur Philippe, c’est à la fois ce qu’il a pu raconter, et demander aux gens comme efforts, et en même temps ses actes, les actes de sa vie. Il a été conforme dans ses actes à ce qu’il exigeait des autres. Ce n’était pas un Tartuffe qui faisait la morale et qui, par derrière, se vautrait dans les plaisirs faciles… Il a, de la manière la plus discrète possible, appliqué ce qu’il demandait aux gens. C’est-àdire une générosité inimaginable, un don de soi absolu, une attention constante à tout un chacun, il répondait à toutes les demandes, etc. Ainsi, il a pu rencontrer toutes les têtes couronnées d’Europe. On sait que pour le Tsar Nicolas II, il a reproché à Papus de lui avoir fait de la publicité en Russie. Il se serait bien passé de toute cette notoriété. Mais il a quand même répondu à la demande du Tsar, tout simplement parce que la demande en avait été faite. Il semble ne jamais se donner le droit de refuser une demande.


J.-Y.B. : Quand on regarde tout cela de près ou de loin, on peut être très dubitatif. J’imagine le lecteur lisant une histoire pareille… C’est fou ! On a entendu parler de guérisseurs, de magnétiseurs faisant des choses surprenantes, mais là avec Maître Philippe, on a un personnage qui sort complètement de tout ce qu’on a pu connaître. Est-ce qu’on a des preuves ?

B.B. :
Pour moi les preuves sont quand même là. Les nombreux témoignages et témoins
corroborent les faits. Les proches, des docteurs, la police elle-même a envoyé des espions aux séances…
On sait… Bon, il y a toujours un acte de foi à faire, sinon ce serait trop facile. C’est cela notre liberté, il faut se risquer un peu, faire des choix, suivre une voie sans que personne nous donne une garantie.
Faire confiance. Se faire confiance aussi, se fier à son intuition… Bon, mais si pendant vingt-deux ans, tous les jours, ça n’avait jamais marché, je pense que ça se serait su. Et puis quel intérêt ? Il ne s’enrichissait pas.
Au contraire, il donnait de l’argent aux miséreux, et lorsqu’il est mort, on s’est aperçu qu’il payait le loyer de cinquante-deux personnes ! Et tous les Princes et rois d’Europe ne l’auraient pas appelé à leur Cour s’il avait été un charlatan. Ce qui rend sympathique les témoignages, c’est que tous les témoins ont pris des notes pour euxmêmes.
Rien n’a été publié de leur vivant. Il n’y a pas eu de religion, de culte sur le personnage. Tout est tombé dans l’oubli après sa mort, sauf dans des cercles fermés.
Il n’y a jamais eu de prosélytisme.


J.-Y.B. : Il n’a pas laissé d’écrit ?

B.B. :
Non. Il n’a rien écrit. Il faut savoir que Jésus n’a jamais écrit, le Bouddha n’a jamais écrit, Socrate n’a jamais écrit, les plus grands qui ont enseigné n’ont jamais écrit. Les vrais Maîtres n’écrivent rien, en général, ils parlent et posent des actes.

J.-Y.B. : Comment est-il mort ?

B.B. :
Il est mort dans sa chambre, à 56 ans. Il ne pouvait plus dormir dans un lit. Il restait dans un fauteuil, car chaque fois qu’il voulait s’étendre, ses souffrances étaient insupportables. Il semble qu’il avait tout donné. Il était comme vidé. Le 2 août 1905 à 11 h 30, il s’est levé de son fauteuil et est tombé. C’était fini. Certains amis comme Paul Sédir ont dit qu’il avait poussé un grand cri. D’autres disent que c’était en silence. Son coeur aurait explosé. On l’a trouvé sur le sol, « rendant le sang par le nez et les oreilles». Il a été enterré le 5 août au cimetière Loyasse à Fourvière.
Depuis ce temps, sa tombe est toujours fleurie et des personnes du monde entier viennent s’y recueillir.

Propos recueillis par Jean-Yves Bilien

Chaque année, le dimanche des Rameaux, a lieu au cimetière de Loyasse où Maître Philippe est enterré un rassemblement en sa mémoire. Les ex-voto sont là pour témoigner qu’un siècle après sa mort, il continue d’apporter son aide.

SOURCE --> Site WEB NEXUS
http://www.nexus.fr/affichepapier.php?id=470&ref=NXSMAG048&idpro=48

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